Isabelle DEPAIRE, Conseillère pédagogique départementale
en Arts Visuels, IA
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Introduction à l’exposition d’Albane ROUX : « Matières
et fragments pour cacher/montrer »
Mairie d’Andernos/Médiathèque du Broustic (mars 2007)
Quelques clés pour mieux
entrer dans les œuvres d’Albane ROUX … ou
... pourquoi son travail nous intéresse à l’école
A travers les œuvres présentées,
on va pouvoir extraire 4 problématiques qui parcourent
le travail de cette plasticienne depuis un certain temps
mais qui s’expriment particulièrement dans ses productions
récentes :
L’éclatement/la fragmentation
·
c’est
à la fois un résultat visuel, celui auquel le spectateur
est d’emblée confronté, un effet kaléidoscope
·
une
démarche, un processus, une façon de construire l’œuvre
·
une
recherche d’absolu pour reconstituer le tout ;
une tentative pour traduire la complexité de la société,
la multidimensionnalité
du monde actuel, son
emballement, sa
surconsommation, son chaos…
« Contre l’ennui, les morceaux ! » Albane dit volontiers qu’elle s’ennuie à peindre des
«choses trop lisses», un paysage «comme il faut » ;
il lui faut de la perturbation et un peu de chaos qu’elle
trouve dans les divers procédés de fragmentation qu’elle
explore : fragments d’images anciennes, fragments
de matières diverses, papiers déchirés, mais aussi éclatement
de la forme, déstructuration de l’espace, orientations
diverses du geste pictural, fractalisation de la lumière.
Il est clair qu’elle ne s’élèvera pas contre la « fracture
picturale » !
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Expo Albane ROUX « Matières et fragments
pour cacher/montrer » (mars 2007)
Mairie d’Andernos
– Médiathèque du Broustic
Propositions pédagogiques autour de
l’exposition
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OBJECTIFS
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ACTIVITES
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1 /
Sensibilisation : Avant la visite
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Pour
préparer l’exposition
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Se préparer à la visite : s’interroger à plusieurs sur ce que l’on
va voir ; se créer un « horizon d’attente » !
Faire des hypothèses : « Moi, je crois
que dans l’exposition, on va voir… » ;
« En général, dans les expos, il y a… « La dernière
fois, on avait vu…»
Introduire la notion de « peinture abstraite » par rapport
à « peinture figurative » ; il
y a des tableaux qui représentent la réalité (réactiver
les connaissances sur des œuvres connues des élèves)
et d’autres qui ne sont pas là pour ça, dans lesquels,
on ne reconnaîtra pas forcément des éléments de
la réalité (montrer exemples : Kandinsky,
Miro, Tapies, Schnabel , Karel Appel, Soulages…)
Pour certains élèves qui ont déjà travaillé avec Albane au cours
d’ateliers scolaires, ce sera le moment de réactiver
le souvenir de cette artiste dans leur mémoire :
« Ah oui, celle avec qui on avait fait… »
« Et moi, je me souviens qu’elle avait… »
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2
/ Découverte
/ Questionnement : Pendant la visite
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Analyser,
choisir, se souvenir
Questionner
et tirer parti de cette première approche
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Retrouver dans l’expo des éléments que l’enseignant aura -s’il en
a le temps- préalablement isolés et reproduits
sur des cartes plastifiées (chasse aux indices)
Faire des relevés des éléments significatifs de l’expo (des
petits dessins sur le carnet de croquis, des photos
numériques)
Faire des photos en gros plan de certains éléments pour
jouer en classe à la photo mystère
Trouver du plaisir dans le va-et-vient d’une œuvre à l’autre
Retrouver des points communs entre différentes œuvres (couleurs, transparences, traces du geste
-grattage, arrachage, balayage au pinceau- collage,
formes, matière, …)
A la fin de l’expo, se choisir une peinture préférée ;
prendre le temps de revenir la voir très intensément
pour en garder un souvenir fort et être capable
d’en parler en classe
Repérer des procédés plastiques constitutifs de l’œuvre de cette
artiste : certaines couleurs qui se
retrouvent d’une œuvre à l’autre, le caractère
fragmenté de la composition, comme un kaléidoscope,
les jeux de lumière entre les zones foncées et
les zones plus claires, les transparences et les
superpositions, les traces qui viennent comme
agresser la matière, la forme qui ne naît pas
du trait mais de la matière elle-même, de morceaux
de matière, de la lumière, l’apparition furtive
d’éléments figuratifs présents dans le support
ancien (vieilles photos argentiques chinées :
visages, yeux, perles, bijoux)
Commencer à comprendre comment sont faites les œuvres d’Albane
ROUX
Se questionner devant le coin-atelier (s’il y en a un !) :
à partir des matériaux bruts, des outils…déduire
les gestes, les actions, les résultats (Moi je
crois que ça sert à …que ça fait …que ça s’appelle
un…)
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3
/ Approfondissement : Après la visite
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Affiner son regard |
Dire ce que l’on a ressenti en s’appuyant sur le matériau
rapporté de l’expo (croquis, listes, photos imprimées
et agrandies) - Est-ce ce à quoi on s’attendait
?
Dire ce que l’on a compris : Essayer
d’expliquer comment Albane fait ses peintures
; être capable de dire ce qui nous le montrait
dans l’expo (justifier son point de vue)
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Apport culturel
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Observer des reproductions de peintures de différentes
époques utilisant divers matériaux ; les
comparer, parler des différences et des ressemblances ;
faire des regroupements en fonction des matériaux,
des styles, de certains détails, de ce que ça
nous inspire…
Collectionner : Faire une collection d’images qui jouent
aussi à cacher/montrer (des visages à moitié cachés
par des voiles, des trames dans les publicités
pour les cosmétiques, par exemple…) ; faire
une collection d’images où la composition est
éclatée ; faire une collection d’images qui
utilisent des fragments d’autres images (le courant
des décollagistes : Jacques Villeglé, Raymond
Hains, le pop-art avec Rauschenberg) ou des fragments
de matières (mosaïques romaines, les dadaïstes
dont Kurt Schwitters…) ; faire une collection
d’images où la peau joue un rôle important (peintures
de nus du quattrocento, œuvres de Bacon, photos…)
Connaître des procédures techniques : faire des recherches
sur les matériaux, les procédures, les étapes
du travail d’un peintre matiériste comme Albane
(à partir du nom des matériaux qu’elle utilise :
cire d’abeille, carnauba, colle de peau de lapin,
goudron, pigments naturels pour les couleurs…) ;
chercher d’ou viennent les craquelures, les effets
de transparences, les noirs intenses
Savoir reconnaître une photo ancienne (sur papier « argentique »à expliquer le terme ; en noir (pas
vraiment noir, un peu brun) et blanc (pas vraiment
blanc, un peu beige) ; lumière spécifique ;
poses travaillées ; sujets stéréotypées ;
vêtements et parures surannés
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Créer
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Eclater : choisir une image, la déchirer en 5 morceaux ;
la réinstaller sur un support plus grand en dispersant
les morceaux ; travailler la liaison des
morceaux et les raccords d’image par le dessin,
le graphisme, le frottage avec des craies, du
pastel, du fusain, des mines en graphite, des
marqueurs…
Fusionner 2 images différentes après les avoir déchirées ; combiner
les morceaux pour recomposer une nouvelle image ;
faire plusieurs essais en utilisant de la colle
repositionnable ; fixer la composition que
l’on préfère
Tisser plusieurs images entre elles sur le principe de la trame
et de la chaîne ; partir de bandes d’images
découpées ou soigneusement déchirées dans du papier
revue ; constituer une trame en alignant
les bandes verticalement et parallèlement et en
collant leurs extrémités sans trop tendre les
bandes ; insérer ensuite horizontalement les autres
bandes en passant dessus-dessous. Ces treillis
ainsi réalisés peuvent être des compositions à
eux-seuls ou constituer du matériau plastique
destiné à être intégrés à des compositions plus
grandes ; on peut jouer à insérer des matériaux
intrus dans le tissage (cartons divers, rubans,
végétaux, raphia…)
Cloisonner le support : encoller du papier kraft beige ou du papier
journal sur un carton assez rigide à l’aide colle
à papier peint ; tant que la colle est bien
humide, façonner des plis, des reliefs, créer
des zones ; travailler ensuite le support
accidenté à la peinture, en caressant les crêtes
du papier, en s’insinuant dans les plis, en faisant
ressortir certaines parcelles, en mettant en valeur
certains mots ou caractères graphiques si c’est
du papier journal
Fragmenter une vieille peinture à soi ou une photocopie d’une reproduction
de tableau ; réaliser une nouvelle composition
plastique en intégrant les morceaux du tableau
dans un collage matiériste (avec papier calque,
de soie, journal, sopalin, papier cadeau, papier
peint, tissu, mousseline, gaze, aluminium, carton
ondulé, jute, copeaux de bois, brindilles…) ;
utiliser ensuite la peinture pour unifier l’ensemble
ou rehausser certains endroits
Cacher/montrer à partir de sa photo d’identité
agrandie et photocopiée 6 fois en format A5 ou
A4, expérimenter différentes solutions pour cacher/montrer
son visage à l’aide de matériaux divers (calque,
diverses trames : filet de citrons, de patates,
trames plastiques sur les barquettes de mandarines,
grillage fin, gaze, plumes, sparadrap, rabane,
papiers de soie…) ; sur chaque image masquer
ou révéler plus ou moins certaines parties du
visage ; coller les éléments des compositions
que l’on veut garder ; installer les 6 images
en série de la façon de son choix (voir la série
d’Andy Warhol sur Mike Jagger)
Superposer/arracher 3 images choisies dans une revue ;
les coller l’une sur l’autre avec seulement quelques
points de colle ; faire apparaître de façon
aléatoire certaines parties des autres images
par déchirage (incision initiale au cutter pour
dégager un petit morceau à attraper pour tirer)
comme les artistes décollagistes : Jacques
Villeglé, Raymond Hains, Rotella)
Jouer avec l’épaisseur de la peinture : réaliser une composition
plastique sur un support en carton en faisant
se rencontrer des
zones de peinture de diverses textures :
de la plus liquide et transparente (effet aquarelle)
à la plus épaisse (celle à laquelle on aura ajouté
de la poudre d’enduit à l’eau, de la sciure, du
sable, de la terre, de la vase du Bassin, des
coquilles d’œufs brisées…) que l’on appliquera
au pinceau, à la brosse mais aussi à la spatule,
à la raclette, au couteau à peindre ; que
l’on lissera, gravera ou griffera (avec peignes,
fourchettes, bâtonnet de bois, éponge…)
Donner du relief et de la transparence à une peinture
déjà réalisée par le recouvrement par une feuille
de papier cellophane transparente ou de couleur
que l’on va froisser, plisser (et fixer en la
repliant sur les bords à l’aide de colle ou d’agrafes)
Valoriser les réalisations : en les fixant par la photo (sous
divers angles de vue, avec un éclairage adéquat…) ;
en les présentant avec un petit texte (CE1 et
cycle 3)
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4
/ Appropriation - réinvestissement
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Transférer
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Retrouver dans les œuvres
d’autres artistes des procédés plastiques déjà
identifiés sur les œuvres de l’expo et en isoler
d’autres. En tirer parti pour de nouvelles réalisations
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Evaluer,
apprécier
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Analyser ses propres productions et celles des copains ; rendre
compte des démarches, des techniques mises en
œuvre ; justifier les choix de présentation ;
correspondent-ils aux intentions de départ ?
Les envisager en référence aux œuvres d’Albane
Roux et à sa démarche. A-t-on fait comme Albane
ou chemin faisant, a-t-on découvert d’autres possibilités,
d’autres solutions ? A-t-on eu d’autres envies ?
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Elargir
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Elargir la fréquentation des œuvres à d’autres artistes qui ont voulu
mêler à leur peinture d’autres matériaux (minéraux,
métalliques, végétaux, rebuts…)à En tirer de nouvelles
pistes de productions
…à d’autres artistes qui ont basé leur œuvre sur la mise en scène
du fragment, comme Tony Cragg (« Palette »),
par exemple
Elargir à d’autres domaines artistiques qui se sont intéressés
au vêtement et à la peau, comme le stylisme ;
observer plusieurs modèles lors d’un défilé de
mode (photos dans revues féminines ou vidéo),
regarder comment les vêtements sont conçus à la
fois pour cacher le corps et mieux le montrer ;
observer les plis, les drapés, les pièces de tissu,
les effets de patchwork, les attaches, …
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Fiche rédigée par Isabelle DEPAIRE, Conseillère pédagogique
départementale en Arts Visuels, IA 33, le 25 mars 2007
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