Chiner
dans les brocantes des photographies anciennes
Les
enduire de colle de peau de lapin, d'encre et
autres matières.
Laisser le temps climatique et celui que le sablier
mesure agir sur la photographie.
La
pluie, le soleil la décolle de son support
d'origine
L'attente entretient
le désir de peindre.
La propriété
physique du tirage argentique, sa robustesse permettent
de jouer,
De cheminer, d'aller et revenir. Revenir vers des
noirs luisants.
La propriété poétique de ces
photographies (couples, poilus) me déplace
vers
d'autres époques,me permet de me perdre un
peu.
Mais le sujet
importe moins que cette intime relation à
la matière.
Peindre, peindre
encore, projeter ses émotions, glacer,
déplacer, masquer,
concentrer
des jus bleus à l'infini.
Peindre
son ombre et s'y cacher.
Etre
dans l'atelier, seul face à son travail,
c'est comme un enfant sur une balançoire
entre le ciel et le sol, hier et demain,
un balancement entre origine, incarnation et avenir.
La
peinture entre pudeur et exhibition.
Toutes les couleurs, les matières créent
des fragments, des lambeaux
Je traite la peinture comme une seconde peau,un
derme épais composé de couches successives
que je relie, suture, cicatrise , brûle
incendie transperce.
La
peinture en train de se réaliser
c'est comme le remembrement d'un corps,celui d'Osiris
par Isis.
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